Carpe DieM
« Cueille le jour sans te soucier du lendemain »
Deux petits mots, mais qui en disent long, très long ...
Selon la définition : Carpe diem (quam minimum credula postero), « Cueille le jour sans te soucier
du lendemain »
(littéralement « Cueille le jour [et sois] la moins curieuse [possible] de l'avenir ») est un extrait
de vers latin du poète intéressé par l'épicurisme et le stoïcisme Horace (dans ses Odes, I, 11, 8 « À Leuconoé »).
Il résume le poème qui le précède et dans lequel Horace cherche à persuader Leuconoé de profiter du moment présent
et d'en tirer tous les bénéfices, sans s'inquiéter ni du jour ni de l'heure de sa mort.
Rendu célèbre auprès du grand public, notamment à la suite du film Le Cercle des poètes disparus,
l'extrait Carpe diem fait l'objet d'une mauvaise interprétation : traduit par « Profite du jour présent »
(alors que les deux mots signifient « cueille le jour »), et compris comme une incitation à l'hédonisme le plus fort,
peut-être le plus aveugle, il perd tout rapport avec le texte original, qui, au contraire,
incite à bien savourer l'instant présent
(sans toutefois récuser toute discipline de vie)
dans
l'idée que le futur est incertain et que tout est appelé à disparaître.
C'est donc un hédonisme d'ascèse,
une recherche de plaisir ordonnée,
raisonnée, qui doit éviter tout déplaisir et toute suprématie du plaisir.
C'est un hédonisme a minima :
c'est un épicurisme (Horace faisait partie de ces épicuriens de l'ère romaine).
Ce thème composé de deux mots,
est ancré surtout dans la pensée épicurienne.
Confiant dans l'avenir,
le sage est décidé à vivre au présent.
Non pour y assouvir un appétit de plaisirs,
mlais pour atteindre la sérénité de la vertu.
Une histoire parallèle de la pensée,
qui réhabilite la tradition hédoniste et matérialiste,
ressuscitant gnostiques,
libertins baroques,
Ultras des Lumières,
hérétiques,
libres esprits et autres illuminés.
Fruere jucundae praesentibus cartera extra te
« Jouis agréablement du présent, le reste est hors de ta portée » Montaigne.
Il faut prendre soin de nos pensées,
pour cultiver au mieux le goût de vivre,
le goût du monde et le goût de l'autre.
Ne laisser passer aucune occasion de bonheur.
Le bonheur est dans le jardin d'Epicure
La Lettre à Ménécée traite de la conduite à adopter pour être heureux.
" Que nul, étant jeune,
ne tarde à philosopher,
ni vieux,
ne se lasse de la philosophie.
Car il n'est,
pour personne,
ni trop tôt ni trop tard,
pour assurer la santé de l'âme.
Celui qui dit que le temps de philosopher
n'est pas encore venu ou qu'il est passé,
est semblable à celui qui dit que le temps du bonheur n'est pas encore venu ou qu'il n'est plus.
Une théorie pour le plaisir
Au départ, il y a une définition très simple du bonheur :
être heureux,
c'est voir la réalité du monde
coïncider avec nos désirs les plus profonds.
Et peu se donne les moyens de ces désirs .............. !!
Or, il faut bien en convenir,
nous ne pouvons guère espérer changer le monde,
mais nous pouvons
en revanche plus aisément modifier notre vision du monde et changer la nature de nos désirs.
Mais penser autrement que les autres n'est pas bien vu, considérer comme marginal,
mais quel bonheur !..........
Je suis ravie que peu de personnes perçoivent et intègrent cette philosophie,
art de vivre ... du concentré de bonheur,
de bien être .............
Etre sage,
c'est se rendre immortel...
autant qu'il est possible.
Magnifique promesse,
mais qui pose une redoutable question :
l'épicurisme n'est-il pas tout entier construit sur ce désir
d'immortalité ?
Reste que cette sagesse exigeante et belle a le mérite de nous aider à relever les défis lancés par notre
monde sans boussole,
ne serait-ce qu'en nous réconciliant un peu avec lui.
Je veux bien naviguer sur cet océan pour en trouver un bout de terre, ......... !
ALORS
Je serait épicurienne...